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avr 01

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Mikal Cronin

Mikal Cronin

Si Mikal Cronin est le bassiste-chanteur des Moonhearts, il est surtout connu pour avoir sorti un split LP, trop vite épuisé, avec son compère et ami Ty Segall, l’excellent Reverse Shark Attack en 2010. Malgré ces débuts discographiques encourageants on était curieux d’écouter ce premier album solo de Mikal Cronin (tout de même accompagné de Ty Segall qui tient les fûts sur 4 pistes, Charlie Moonheart en faisant de même sur un titre avant de placer le solo de  »Green & Blue »). Le résultat est à l’image du bonhomme : multi-facettes.

Sur ce premier album éponyme composé de titres variés, Cronin y fait preuve d’un éclectisme symptomatique de ses évidentes influences. Ainsi, les compositions n’hésitent pas à faire le grand écart entre réminiscences sixties voire early-seventies (T-Rex) et envolées plus catchy hérités des nineties, et ce, parfois, au sein du même morceau !

Mikal Cronin

Mais derrière cette rencontre improbable des genres, Mikal Cronin se révèle être un excellent songwriter capable justement de frapper fort et juste presque à chaque fois : »It’s Alright » ouvre l’album par des choeurs hauts perchés que n’auraient pas renié les Beach Boys avant de laisser la place aux guitares noisy et de se terminer par un rythme frénétique sur lequel John Dwyer (Oh Sees) décidément toujours dans les bons coups en ce moment, vient plaquer un solo de flûte ! Suit  »Apathy » sur lequel Cronin multiplie les breaks, brouille les cartes avant d’envoyer un saxo (tenu par nul autre que Cronin) qui prend temporairement des accents d’Hey Jude.  »Green & Blue » avec la voix nimbé d’échos et noyé sous des couches de guitares, se pare très vite d’oripeaux orientaux offrant une coloration psychédélique bienvenue à l’ensemble. »Get Along » au refrain imparable, surprend par sa spontanéité, et sa capacité à faire dodeliner de la tête l’auditeur, vous l’aurez compris, décidément à la fête. Un auditeur pas au bout de ses surprises puisque survient  »Slow Down » faux-titre porté par un orgue de cathédrale et qui referme cette première face en tout point remarquable.

La face B n’est pas en reste et reprend même très fort avec  »Gone » titre sans doute le plus garage et le plus proche de ce que pouvait proposer Ty Segall sur Lemons par exemple, la mélodie pop en sus tandis que « Situation » et surtout  »Hold On Me » montrent un Cronin lorgner avec autant de talent du côté des Sonny & The Sunsets, à savoir une pop délicate et racée.

Globalement d’ailleurs cette seconde face est plus pop et plus marquée par les sixties que la face A, à l’image de  »Again and Again » somptueux morceau, single en puissance qui dans un monde idéal devrait valoir reconnaissance et royalties à son auteur.

Et c’est avec  »The Way Things Go », avec ses faux airs de Beatles-like, que se conclue sur une note plus grandiloquente (quel clavier!), un premier album enthousiasmant qui se place immanquablement parmi les disques à acheter cette année.

Source : Rawpowermagazine

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